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Bonjour,

« Tu as voulu qu’on parle de l’appartenance aujourd’hui alors dis-moi ce qui te tracasse » me demande Haniel

 J’ai du mal à savoir où j’appartiens, je suis une étrangère dans ce pays, mais même dans mon pays d’origine je me sens toujours étrangère, je ne sais pas comment vivre ces choses

  »A quoi fais-tu référence ? »

 Par exemple, c’est ici que je suis devenue ce que je suis aujourd’hui, je dois en principe me montrer reconnaissante envers ce pays qui m’a accueilli et donné ma chance, d’où je viens je ne pense pas que les choses se seraient aussi bien passées. J’aime bien l’environnement de travail dans lequel je suis et je m’entend très bien avec mes collègues, mais j’ai l’impression de trahir mes origines.

Quand je vais « chez moi » on m’appelle la française, c’est drôle parce que je ne me sens pas spécialement française et pourtant j’aime bien la chanson de Black M, je suis français. Je ne souffre pas de discrimination, mais je commence à avoir l’impression de souffrir par procuration.

  »Tu ne peux pas vivre la vie des autres à leur place. Tu es une personne qui s’est bien intégrée aux us et coutumes d’un pays qui l’a accueilli, la question n’est pas est-ce que tu te sens française mais est-ce que tu te sens bien ici et comment tu te sens là-bas, parce que là où tu es bien là est ta maison. Comment tu t’es sentie quand tu  envisageais de rentrer ? »

J’ai eu du mal

« Par défis ou par amour ? Pourquoi as-tu voulu rester ? »

 Un peu des deux

  »Plus l’un ou l’autre ? »

Plus l’un

« Lequel? »

Par défis

  »Pourquoi ? »

 Quand j’ai terminé mes études, je ne savais pas ce que je voulais faire et j’étais certaine de ne pas vouloir rentrer comme ça sans avoir rien essayer ici. Je voulais travailler ici pour montrer que j’avais réussi. C’était un gros investissement pour mes parents…

  »Il y’a donc de la redevance aussi. Beaucoup de facteurs peuvent rentrer en jeu quand on cherche sa place, mais cette quête peut s’avérer plus profonde que la simple appartenance que tu n’arrives pas à définir . Du point de vue de l’Ame, tu es universelle et ça se traduirait par la phrase que tu aimes bien, je suis citoyenne du monde.

Mais la vérité c’est que tu ne saisis pas le sens de cette belle déclaration. Tu veux dire que quelle que soit la terre sur laquelle tu te retrouves tu te es chez toi. Remarque bien la nuance, je n’ai pas dit tu te sens chez toi j’ai dit tu es chez toi ; Tu vois qu’en partant de ça, tu ne peux pas ressentir de trahison vis-à-vis d’une terre. »

Je comprends ce que tu me dis Haniel mais, j’ai encore cette confusion en moi

  »Ne confonds pas l’appartenance aux racines. »

 C’est différent ?

  »Oui, dans leur essence. Si toute ta famille était avec toi ici en France tu ne te poserais plus la question, tu n’as encore implanté tes racines nulle part même si ton histoire dis que les tiennes sont ailleurs. Dans cette vie tu ne t’es pas encore établie, tu es comme cette plante qui grandit dans son pot mais qui à un moment va devoir aller en terre après être partie de pot en pot .

Quand tu te seras fixée et tu sais que c’est pour bientôt alors  la sensation de scission  que tu as va disparaître. Tu aimes ce pays et pas seulement pour le côté pratique mais surtout parce que ici tu peux être pleinement toi et ça aussi si tu ne l’acceptes pas tu te rends la tâche difficile. »

 Merci Haniel

  »Tu sembles ne pas encore tout saisir mais ça viendra, plus vite que tu ne le crois. »

 Lol merci.

Belle journée

4 Commentaires

  1. Carène

    27 juillet 2018 à 14 h 42 min

    Coucou Liliane,
    Moi je suis sur le point de me déraciner pour pouvoir m’implanter ou me planter ailleurs (sans me planter, j’espère ! lol)
    Lorsque j’avais quitté la Guadeloupe après le bac pour mes études, je ne souhaitais pas y revenir. Parce que j’avais justement beaucoup souffert pendant l’adolescence de cette dualité en moi de répondre au besoin d’appartenance à la société antillaise tout en ressentant une certaine rébellion face aux codes qui la gouvernent. Puis finalement après 6 ans, je suis revenue parce que je me suis mise en couple avec un Guadeloupéen qui lui voulait y revenir quoiqu’il arrive.
    Même si il s’agissait pour ma part de me soumettre à son seul désir, je ne regrette pas cette quinzaine d’années qui vient de passer parce que j’ai pu aller visiter mes racines de manière très profonde. Fortes de ces racines je suis fin prête à m’envoler vers d’autres cieux.
    J’ai aimé les mots de Fatou Diome sur le sujet : https://www.youtube.com/watch?v=JKhO7jgriI8
    Bises

    Répondre

    • jaoni

      27 juillet 2018 à 17 h 36 min

      Ahhh une nouvelle expérience alors en vue :) chouette, dis toi que même si tu te plante tu finiras par te récolter… C’est drôle hein ?! Non ? Tu es toujours allée au bout de ce en quoi tu t’investissais, je suppose, alors tant que tu fais attention à tes ressentis même s’ils te mènent sur de drôles de chemin, tu fais ton chemin :)
      Belle journée

  2. crystallia

    26 juillet 2018 à 20 h 38 min

    Salut,

    J’aime beaucoup cet article.

    Bise ;)

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    Répondre

    • jaoni

      26 juillet 2018 à 21 h 26 min

      Salut,
      Quand je l’écrivais, on aurait dit que j’étais collée lol et Haniel a insisté pour que le malaise sorte et ça commence à aller mieux :)
      Belle soirée

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